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jeu. 21 mai 2009

Trois nouveaux reflex Sony... fort décevants

Décidément la domination de Nikon et Canon semble devoir perdurer, même en temps de crise, il suffit d’ailleurs de lire les bons résultats de Nikon communiqués récemment (qui doivent donner des sueurs froides aux patrons de Canon). Et ce ne sont malheureusement pas les caractéristiques des trois nouveaux reflex d’entrée de gamme Sony qui risquent de changer la donne...

Sony

Du point de vue de l’utilisateur final - qu’il soit Canoniste, Nikonniste, Pentaxiste, « Olympusien » - la relative médiocrité (osons le mot) de ces Sony Alpha 230, 330 et 380 (qui remplacent respectivement les 200, 300 et 350) n’est vraiment pas une bonne nouvelle. Comme tout le monde le sait (je l’ai souvent rappelé sur ce blog), une concurrence équilibrée et l’émulation entre constructeurs profite toujours aux photographes… Sur le papier, les trois reflex présentés il y a quelques jours par Sony me semblent donc très décevants et ne feront probablement pas le poids face à la concurrence, sauf à être rapidement proposés à des prix sacrifiés… Comme je n’ai pas l’habitude de recopier des dossiers de presse, intéressons-nous prioritairement aux points qui fâchent en avançant des arguments « photographiques ». Rassurez-vous, je n’oublierais pas de mentionner certains aspects positifs en bas d’article, mais vous verrez c’est assez court…

Recyclage de capteurs anciens

Commençons par la seule vraie bonne nouvelle, Sony a eu la prudence de ne pas augmenter la résolution de ses capteurs, ce qui aurait été catastrophique vu la piètre maîtrise dont ses ingénieurs font preuve en termes de maîtrise du bruit numérique (nous l'avons souvent évoqué). Le revers de la médaille est que Sony persiste à nous « fourguer » un capteur CCD de 10 Mpix qui date de 2006 et qui était déjà décevant à l’époque (on se souvient de la médiocrité des images du Sony Alpha 100 face au Canon EOS 400D)…

C’est décevant d’autant que Sony dispose « sur étagère » du CMOS 12 Mpix de l’Alpha 700. Dans le même temps, tous les concurrents ou presque sont passés à des capteurs CMOS de 12 Mpix ou plus… Suivant l’exemple de Canon qui avait adopté la technologie CMOS dès 2001. Soulignons d’ailleurs que l’adoption récente de la technologie CMOS par Nikon (D300, puis D90) a marqué le début de la reconquête du marché expert et professionnel…

En photo numérique, l’avance technologique compte plus que le marketing (le cas de Nikon en est la démonstration). Le savoir faire de Nikon et Canon est pour le moment inégalé, pour bien le comprendre je vous engage d’ailleurs à lire le test comparatif que Chasseur d’image à mené avec les Nikon D5000 et Canon EOS 500D dans son numéro de juin. Il consacre la supériorité du capteur 15 Mpix, du traitement d’image équilibré et de l’ergonomie de l’EOS 500D. Le Nikon D5000 étant amputé de certaines commandes directes et souffrant d’un lissage du bruit plus vigoureux pour cibler les amateurs, les Nikonnistes exigeants se tourneront donc plutôt vers l’exceptionnel Nikon D90 qui est le véritable adversaire de l’EOS 500D.

Toujours pas de vidéo chez Sony

Mais revenons à nos Sony… Après leurs capteurs CCD dépassés, l’autre point décevant est évidemment l’absence de vidéo. Personnellement la question m’est bien égale d’un point de vue photographique, tout autant que les performances en Live View que je n’utilise jamais...

Mais le problème est que cette fonction « bonus » qui vient en cadeau chez Canon, Nikon (et même chez Pentax dorénavant), s’avérera forcément déterminante pour le grand public au moment de choisir entre deux reflex de même prix. Ce n’est pas pour rien que Canon - alerté par le succès du Nikon D90 - a hâté la sortie de son EOS 500D, seulement 14 mois après l’annonce de l’EOS 450D (au lieux de 18 mois habituellement). Si la vidéo est encore une fonction embryonnaire et peu pratique, tous les photographes espèrent un jour l’essayer, ou carrément s’y mettre. Il est donc extrêmement dommage que Sony ait fait l’impasse sur cette possibilité qui ne coûtait pas grand chose, alors même que ces trois modèles sont tous équipés de prises HDMI.

... et pourtant !

Un gâchis d’autant plus regrettable que Sony était le seul fabricant de reflex à posséder un avantage redoutable qui lui aurait permis de proposer un mode vidéo en avance sur celui des autres fabricants. Je veux parler du Système Autofocus Live View hérité des Sony Alpha 300 et 350 qui équipe les nouveaux 330 et 380. Un système Autofocus basé sur un second capteur à côté du viseur, reprenant un principe inventé puis abandonné par Olympus il y a quelques années. Un système AF qui coûte d’ailleurs très cher en terme de possibilités photographiques. Les modèles qui en sont équipés voient la qualité de leur visée dramatiquement amputée : seulement 90% du de l’image affichée, un grossissement de x0,73 seulement contre x0,83 pour l’Alpha 230. Nous en avions déjà parlé ici. Heureusement les Alpha 200 et 230 en sont dépourvus et conservent un viseur plus acceptable.

Ce qui prouve au passage que Sony est fort conscient des limites engendrées par un tel système. Je n’imagine pas que ce système AF ait été imaginé uniquement pour utiliser le Live View. Sony a pensé dès le début à l’arrivée prochaine de la vidéo bien évidemment. Il faut donc s’attendre à voire débarquer un reflex Alpha Vidéo équipé de ce système AF dans quelques mois. Espérons que cela ne « tombe » pas sur le successeur de l’Alpha 700, car les utilisateurs d’un modèle expert ne se satisferont pas d’un viseur aussi riquiqui.

Une fiche technique qui sent "la crise" et l'économie...

Pour le reste, la fiche technique des trois nouveaux Alpha consiste en une modeste évolution de modules anciens packagés dans des boîtiers plus compacts. Il faut souligner les points négatifs suivant :

  • Un écran (orientable verticalement) de seulement 2,7 pouces affichant seulement 230.000, alors que les Canon EOS 500D et Nikon D90 offrent 3 pouces de bien meilleure qualité avec 920.000 Pix (j’ai souvent expliqué ici et là à quel point cette haute définition faisait la différence sur le terrain en cours de prise de vue).
  • Des rafales entre 2 et 2,5 im/sec seulement alors que la concurrence dépasse les 3,5 im/sec.
  • L’absence de testeur de profondeur de champs (il n’y a pas de petites économies). Le géant de l’électronique est le premier fabricant de reflex à nous en priver sur trois modèles d’un coup ! Pas très photographique tout ça.
  • Une gamme optique toujours un peu courte qui se complète lentement et dont les nouveaux modèles ne proposent pas systématiquement de véritable motorisation Ultra Sonic (SSM) et sont donc toujours relativement bruyants.
  • Le système anti-poussière qui n’a pas évolué et qui est toujours issu d’un « recyclage » du système de stabilisation, pas conçu pour cela à l’origine. Donc moins efficace que chez Olympus, Canon, et Nikon (d’après des tests de Chasseur d’Image).
  • Un point à vérifier : la matérialisation des points AF par de gros points noirs qui gêneraient la visée d’après certains journalistes ayant pris en main les modèles en avant-première. Nous verrons cela.

Du côté des bonnes choses

Un détail à souligner, Sony adopte enfin la carte SD, comme tout le monde (en plus de l’emplacement propriétaire MS). L’écran orientable verticalement est une bonne chose, même si sa présence m’indiffère personnellement puisque je n’utilise pas le Live View. Il ne sert vraiment pas à grand-chose ici, tant que la vidéo est absente de ces trois modèles… Mais cela viendra sans doute.

Alors, tant qu’à faire mieux vaudrait suivre l’exemple de Nikon avec un modèle totalement orientable sur une rotule deux axes permettant de se filmer (sur pied par exemple pour une scène façon « envoyé spécial »)… Ou celui de Canon avec une taille de 3 pouces et une luminosité autorisant un angle de vue confortable.

La vélocité de mise en point en live View dont nous avons parlé plus haut est une très bonne chose (seulement sur Alpha 330 et 380) et sera donc un avantage déterminant en vidéo (pour l’instant inexploité).

L’ergonomie est aussi progrès semble-t-il (le design aussi). Sony abandonne quelque peu la « boutonite aigue » façon Minolta et le fameux (et finalement discutable) précepte : « une fonction = un bouton » qui étaient dispersés un peu partout autour du boîtier... Cela ne parvenait qu’à effrayer les débutants (ces trois boîtiers ne sont pas des modèles experts). Sony se rapprocherait au contraire d’une logique à la Canon, avec des fonctions logiquement regroupées sur un seul pad. Mais Sony n’est-il pas allé un peu loin en la matière, rendant l’accès à l’écran quasi inévitable (ce qui n’est pas le cas chez Canon qui proposent tous les accès directes nécessaires sur ses modèles récents).

Reste la stabilisation du capteur qui profite aux optiques bas de gamme ou anciennes (et elles sont nombreuses au catalogue Sony). Un avantage à relativiser, notamment pour les amateurs puisque toutes les nouvelles optiques Canon et Nikon fournies en kit sont stabilisées (ou presque). Malheureusement la visée stabilisée manque à l’appel lorsque c’est le capteur qui est stabilisé (Sony, Pentax, Olympus), à la place de l’optique (Nikon et Canon qui a inauguré le système). Cela gênera les un et moins les autres. Pour ma part je suis habitué à la visée stabilisée depuis longtemps et je ne pourrais certainement pas m’en passer au-delà du 70 mm.

Trois reflex sans charme ni saveur

A respectivement 550 €, 650 € et 800 € en kit avec un 18-55 mm f/3,5-5,6 SAM, difficile pour ces trois modèles Alpha de déloger les actuels Nikon D90, D5000 et Canon EOS 500D et 450D du haut du podium des reflex numériques amateurs.

Les deux marques leader en offrent plus, pour tous les goûts et tous les prix. Sans oublier les D80 et EOS 400D ou même les petits EOS 1000D et Nikon D60 qui restent très intéressants en fin de série ou d'occasion. Les Minoltistes qui ont délaissé le système Alpha depuis quelques années ne doivent donc pas avoir aucun regret. Ils auraient même fait une bonne affaire si l’on considère que les offres Nikon et Canon sont bien plus convaincantes, accompagnées de gammes d’optique très supérieures et d’un dynamique marché de l’occasion. Canonistes et Nikonistes ont le choix entre 8 reflex Canon EOS et 7 reflex Nikon actuellement disponibles à la vente.

Sony déçoit donc et devra impérativement frapper fort avec le successeur de l’Alpha 700, sous peine de voir les efforts réalisé sur l’Alpha 900 tomber dans l’oubli (du moins en attendant son sucesseur d'ici deux ou trois ans). Lecteurs Sonyistes rassurez-vous. Si vous étiez trop dépité après avoir lu ces lignes assez explicites, vous retrouverez le moral en visitant le site officiel de Sony (ici) qui est magnifique (si, si), ou certains forums qui vous vanteront ces trois reflex à cou d’arguments « béton », de méthode Coué et de slogans marketing évocateurs (processeur Bionz, SteadyShot INSIDE, Quick AF Live View, D-Range Optimizer, autant de verbiage technologique qui ne parvient pas à cacher la misère).

Il faut être relativement têtu pour défendre ces trois reflex et très imaginatif pour leur trouver le moindre intérêt. Mais chacun voit midi à sa porte... Quoiqu'il en soit, bonnes photos et bon week-end !

Par VIBERT dans 80 - APN : Sony (Konica Minolta) | Permalink | Commentaires (29)

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